Problématique
La
communauté d’Ingénierie de l’Interaction Homme-Machine
(IHM) s'est très tôt intéressée à modéliser
l'interaction homme-machine selon différentes perspectives :
utilisateur, tâches, dialogue, structure de l’IHM, présentation
concrète, architecture logicielle …. Un grand nombre de modèles
ont ainsi été proposés sans, par contre, de métamodèles
et transformations systématiquement explicites et consensuels.
Parallèlement, ces dernières années, des avancées
significatives, à la fois technologiques et conceptuelles, ont
été réalisées dans le domaine de l'Ingénierie
Dirigée par les Modèles (IDM). L'IDM apporte les fondements
théoriques et techniques permettant d'apporter rigueur et capitalisation
des savoirs et savoir-faire. Inversement, l’IHM définit un
cas d’étude privilégié pour l’IDM, l’IHM
étant par nature un modèle et étant de surcroît,
d’un point méthodologique, souvent produite par transformation
de modèles.
En IHM, un premier atelier s’est tenu à Montreal en 2006
sur le sujet lors de la conférence IHM. L’atelier CESAME
(http://www.irit.fr/CESAME/) du GDR I3 débat, par ailleurs, depuis
plusieurs années sur l’IDM pour l’IHM. Des bases de
réflexion solides existent en IHM. L’atelier est l’occasion
de confronter ces acquis à la communauté IDM pour un enrichissement
mutuel.
Objectifs
L'atelier
souhaite réunir les communautés IDM et IHM avec comme objectifs
de :
1. Faire un point théorique et pratique (quels retours d’expérience ?)
sur les plus-values mutuelles de l’IHM et de l’IDM tant en
recherche qu’en enseignement. En particulier, quelles sont les problématiques
levées par l’IHM ayant trait à l’IDM ?
Mais aussi, quelles sont les solutions et limites de l’IDM pour
l’IHM ?
2. Cartographier l’usage des modèles et des outils pour l’IHM ;
3. Identifier les étapes du cycle de vie les plus appropriées,
les plus explorées ou, au contraire, à explorer ;
4. Recenser les solutions que les nouvelles techniques d'IDM peuvent apporter,
inversement identifier les types d’IHM pertinentes pour mieux illustrer
et donc promouvoir l’IDM tant en recherche qu’en enseignement.
5. Cartographier les acteurs académiques et industriels pour de
futurs ateliers, projets, etc.
Public
L'atelier
a comme vocation de rassembler les communautés. Il se destine à
toute personne, chercheur, industriel ou enseignant
- curieuse d'en savoir plus sur la nature des modèles et transformations
en IHM
- praticienne de l'IDM pour l'IHM, prête à témoigner
de son expérience et de la confronter à d'autres d'un point
de vue conceptuel ou technique
- experte de l'IDM qui cherche un cas d'étude pour appliquer ses
travaux et les disséminer : l'IHM est un cadre applicatif de choix
- experte en IHM qui, par la conférence IDM et l'atelier, veut
progresser dans son approche et sa mise en oeuvre.
Le comité de programme aura le plaisir d'animer l'atelier pour
répondre à vos attentes et faire progresser chacun de nous.
Modalités
pratiques
L'atelier
est ouvert à toute personne : l'idée est vraiment de rassembler.
Toutefois, pour mieux répondre à vos attentes, vous pouvez
nous signaler par mail (Gaelle.Calvary@imag.fr et pinna@polytech.unice.fr)
avant le 31 mai votre intention de participer et nous indiquer vos points
d’intérêt (objectifs 1, 2, 3, 4 et/ou 5) ou autres
attentes.
Organisateurs
Mireille
Blay-Fornarino, I3S, Nice
Gaëlle Calvary, LIG-IIHM, Grenoble
Anne-Marie Dery, I3S, Nice
Jean-Marie Favre, LIG-ADELE, Grenoble
Jean-Sébastien Sottet, LIG-ADELE&IIHM
Avec le soutien de
Rémi Bastide, IRIT
Bertrand David, ECL, Lyon
Emmanuel Dubois, IRIT, Toulouse
Sophie Dupuis, LIG, Grenoble
Christophe Kolski, LAMIH, Valenciennes
Franck Poirier, VALORIA, Vannes
Dominique Scapin, INRIA, Paris
Jean-Claude Tarby, Université de Lille
Franck Tarpin-Bernard, INSA, Lyon
|
Nous remercions tout d'abord Mireille qui nous a incités à
proposer cet atelier. Nous remercions aussi les organisateurs d'IDM'08
qui ont accepté l'atelier. Nous remercions enfin tous les participants
qui par leurs connaissances et enthousiasme ont fait de l'atelier un moment
constructif et convivial. Merci à eux !
Participants
| Nom |
Prénom |
Affiliation |
Email |
| Abed |
Mourad |
LAMIH, Université de Valenciennes |
Mourad.Abed@univ-valenciennes.fr |
| Blay-Fornarino |
Mireille |
I3S, Université de Nice |
blay@polytech.unice.fr |
| Caffiau |
Sybille |
LISI-ENSMA, Poitiers |
sybille.caffiau@ensma.fr |
| Calvary |
Gaëlle |
LIG, Université de Grenoble |
Gaelle.Calvary@imag.fr |
| Dery |
Anne-Marie |
I3S, Université de Nice |
pinna@essi.fr |
| Fondement |
Frédéric |
ENSISA, Université de Haute Alsace |
frederic.fondement@uha.fr |
| Gabillon |
Yoann |
LIG, Université de Grenoble |
Yoann.Gabillon@imag.fr |
| Hassenforder |
Michel |
ENSISA, Université de Haute Alsace |
michel.hassenforder@uha.fr |
| Joffroy |
Cédric |
I3S, Université de Nice |
joffroy@polytech.unice.fr |
| Lepreux |
Sophie |
LAMIH, Université de Valenciennes |
Sophie.Lepreux@univ-valenciennes.fr |
| Sottet |
Jean-Sébastien |
LIG, Université de Grenoble |
jean-sebastien.sottet@imag.fr |
| Winckler |
Marco |
IRIT, Université Paul Sabatier |
winckler@irit.fr |
Déroulement
L'atelier a commencé par une présentation de quelques
transparents visant à poser le problème et fixer les objectifs
de l'atelier. Un tour de table s'en est suivi lançant une discussion
vive sur les propriétés ergonomiques : leur formalisation
et mesure. Un compte-rendu synthétique de l'atelier a été
fait en session plénière. En voici les transparents.
Ils sont également disponibles en podcast comme toutes les autres
sessions de la conférence (<https://www.e-diffusion.uha.fr/podcastserver/idm08/>https://www.e-diffusion.uha.fr/podcastserver/idm08/).
De façon plus détaillée, voici un compte rendu établi
d'après les notes de Mireille. Un grand merci à elle ! N'hésitez
pas à nous contacter Anne-Marie ou moi-même pour tout complément
ou modification.
Dans les transparents, nous rappelons que les approches
à base de modèles sont appliquées depuis toujours
en IHM. Elles portent en général sur la modélisation
de l'Interface Homme-Machine (IHM). Quatre points de vue sont classiques
: tâches utilisateur et concepts du domaine; structure de l'IHM
en espaces de travail ; choix de présentation en interacteurs (communément
appelés widgets) ; mise en oeuvre dans un environnement de programmation
et d'exécution. Dans une approche descendante, le concepteur part
d'un modèle de tâches pour dériver pas à pas
l'interface dite finale c'es-à-dire exécutable. La dérivation
est une succession de transformations (de modèles) fondées
sur un ensemble de compromis entre des propriétés fonctionnelles
et non fonctionnelles. En particulier, les propriétés ergonomiques
et le contexte d'usage sont déterminants. Jusqu'ici, le barycentre
a été porté sur les modèles. Les transformations
ont rarement été explicitées. Pourtant, avec la variabilité
promise par l'informatique ambiante (objectifs utilisateur émergents,
contexte d'usage variable et impérvisible), il faut désormais
modéliser et capitaliser les transformations. La grande difficulté
vient des propriétés ergonomiques pour lesquelles les métriques
et fonctions d'évaluation restent rares. Si on complexifie le problème
en intégrant l'inter-utilisabilité (typiquement la continuité
de l'interaction lorsque par exemple l'utilisateur migre l'IHM d'un PC
à un PDA) ou encore la user experience (l'exemple du porte savon
en déclin est donné - Merci à Philippe Palanque :-)),
alors nous avons encore de longs et beaux jours devant nous :-)
Nous rappelons que l'IHM offre un cadre d'étude privilégié
pour l'IDM :
- il existe un lourd savoir-faire en modèles et transformations
- la variabilité est "sensationnelle" (dixit Mireille
:-))
- dans le cas d'IHM graphiques, les modèles sont visuels. C'est
une valeur ajoutée forte pour les publications et l'enseignement.
Les points débattus sont de trois ordres :
(I) l'IDM pour l'IDM
-
Faut-il adapter les modèles existants ou
en développer de nouveaux ? Il est regrettable que bien souvent
les modèles ne soient détournés de leur objectif
premier. Typiquement, en IHM, on constate une dérive classique
qui consiste à utiliser le modèle de tâches (initialement
des ergonomes) pour modéliser le dialogue homme-machine. Ce
même modèle de tâches est, par ailleurs, enrichi
au fil du temps par une multitude de décorations (c'est leur
nom) pour intégrer des préoccupations particulières
(par exemple, le contexte dans lequel la tâche fait sens). N'est-il
pas temps de reposer proprement le problème, d'identifier les
préoccupations et de décider si un même modèle
(la tâche par exemple) est le lieu d'autant de spécifications
? Cette question est urgente dans la mesure où les modèles
ne sont plus seulement conceptuels mais deviennent exécutables
pour armer le système face à la variabilité des
spécifications.
-
Comment cultiver des DSL ? Les passerelles entre
langages sont un point crucial.Quid de la normalisation ?
-
Comment gérer et exploiter des zoos de modèles
: fusion, collaboration, interopérabilité ? Les problèmes
viennent de l’intégration. Il manque des modèles
d’expression de l’intégration. Ce sont les modèles
qui interagissent ou bien sont-ils fusionnés ? La combinaison
de modèles semble vraiment la solution.
-
Comment modéliser les transformations, les
capitaliser, les sélectionner, les combiner ? La grande difficulté
vient des propriétés ergonomiques. Quid de la user experience
? Bien souvent, les transformations ne marchent pas parce que l'on
ne sait pas ce que l'on veut et parce qu'elles sont toujours imaginées
comme automatiques. Les transformations peuvent elles-mêmes
avoir leur IHM pour mettre l'utilisateur dans la boucle. Comment les
représenter ?
-
Comment évaluer ? Le contexte est toujours
manquant. Typiquement, une personne s'interrompt dans sa tâche
pour répondre au téléphone. Sauf instrumentation
de l'environnement ou espace interactif complet (intégrant
le téléphone), l'information échappera au système.
-
Quelle est la place des modèles IHM dans
les processus ? On assiste à un glissement de l'amont (analyse)
au code. Typiquement, les modèles de conception peuvent aider
l'utilisateur dans la compréhension de l'IHM (par exemple,
montrer la tâche qui correspond à un espace de travail
ou un interacteur). En IDM, au-delà de la différence
entre syntaxe abstraite et syntaxe concrète, pensons à
l'IHM des modèles pour aller vers des IHM auto-explicatives.
- Comment suivre les avancées de l'IDM ? L'Action IDM pourrait-elle
faire un digest des avancées ou préoccupations naissantes
à destination d'autres communautés.
(II) l'IHM pour l'IDM
- Les compétences IHM sont utiles pour des modèles exécutables
- Les compétences IHM sont utiles pour des transformations observables
(l'utilisateur a un retour d'information sur ce qui se transforme et
comment) et/ou non automatiques (l'utilisateur négocie la transformation
par un choix, un paramétrage, etc.).
(III) l'IDM transverse
Nous nous demandions comment l'IHM se situe par rapport
à d'autres communautés vis-à-vis de l'IDM. Posons-nous
à l'IDM des questions ou problèmes spécifiques que
d'autres communautés typiquement ne posent pas ? La réponse
a été immédiate : la variabilité et les modèles
vivants à l'exécution font de l'IHM un cadre d'étude
privilégié.
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