Atelier : IDM & IHM

5 Juin 2008, 13h30-16h30, Mulhouse

1ère édition à IDM


Annonce de l'atelier

Compte rendu Prochain événement
Annonce de l'atelier


Problématique
La communauté d’Ingénierie de l’Interaction Homme-Machine (IHM) s'est très tôt intéressée à modéliser l'interaction homme-machine selon différentes perspectives : utilisateur, tâches, dialogue, structure de l’IHM, présentation concrète, architecture logicielle …. Un grand nombre de modèles ont ainsi été proposés sans, par contre, de métamodèles et transformations systématiquement explicites et consensuels.
 
Parallèlement, ces dernières années, des avancées significatives, à la fois technologiques et conceptuelles, ont été réalisées dans le domaine de l'Ingénierie Dirigée par les Modèles (IDM). L'IDM apporte les fondements théoriques et techniques permettant d'apporter rigueur et capitalisation des savoirs et savoir-faire. Inversement, l’IHM définit un cas d’étude privilégié pour l’IDM, l’IHM étant par nature un modèle et étant de surcroît, d’un point méthodologique, souvent produite par transformation de modèles.
 
En IHM, un premier atelier s’est tenu à Montreal en 2006 sur le sujet lors de la conférence IHM. L’atelier CESAME (http://www.irit.fr/CESAME/) du GDR I3 débat, par ailleurs, depuis plusieurs années sur l’IDM pour l’IHM. Des bases de réflexion solides existent en IHM. L’atelier est l’occasion de confronter ces acquis à la communauté IDM pour un enrichissement mutuel.

Objectifs
L'atelier souhaite réunir les communautés IDM et IHM avec comme objectifs de :
1. Faire un point théorique et pratique (quels retours d’expérience ?) sur les plus-values mutuelles de l’IHM et de l’IDM tant en recherche qu’en enseignement. En particulier, quelles sont les problématiques levées par l’IHM ayant trait à l’IDM ? Mais aussi, quelles sont les solutions et limites de l’IDM pour l’IHM ?
2. Cartographier l’usage des modèles et des outils pour l’IHM ;
3. Identifier les étapes du cycle de vie les plus appropriées, les plus explorées ou, au contraire, à explorer ;
4. Recenser les solutions que les nouvelles techniques d'IDM peuvent apporter, inversement identifier les types d’IHM pertinentes pour mieux illustrer et donc promouvoir l’IDM tant en recherche qu’en enseignement.
5. Cartographier les acteurs académiques et industriels pour de futurs ateliers, projets, etc.

Public
L'atelier a comme vocation de rassembler les communautés. Il se destine à toute personne, chercheur, industriel ou enseignant
- curieuse d'en savoir plus sur la nature des modèles et transformations en IHM
- praticienne de l'IDM pour l'IHM, prête à témoigner de son expérience et de la confronter à d'autres d'un point de vue conceptuel ou technique
- experte de l'IDM qui cherche un cas d'étude pour appliquer ses travaux et les disséminer : l'IHM est un cadre applicatif de choix
- experte en IHM qui, par la conférence IDM et l'atelier, veut progresser dans son approche et sa mise en oeuvre.
Le comité de programme aura le plaisir d'animer l'atelier pour répondre à vos attentes et faire progresser chacun de nous.

Modalités pratiques
L'atelier est ouvert à toute personne : l'idée est vraiment de rassembler. Toutefois, pour mieux répondre à vos attentes, vous pouvez nous signaler par mail (Gaelle.Calvary@imag.fr et pinna@polytech.unice.fr) avant le 31 mai votre intention de participer et nous indiquer vos points d’intérêt (objectifs 1, 2, 3, 4 et/ou 5) ou autres attentes.

Organisateurs
Mireille Blay-Fornarino, I3S, Nice
Gaëlle Calvary, LIG-IIHM, Grenoble
Anne-Marie Dery, I3S, Nice
Jean-Marie Favre, LIG-ADELE, Grenoble
Jean-Sébastien Sottet, LIG-ADELE&IIHM

Avec le soutien de

Rémi Bastide, IRIT
Bertrand David, ECL, Lyon
Emmanuel Dubois, IRIT, Toulouse
Sophie Dupuis, LIG, Grenoble
Christophe Kolski, LAMIH, Valenciennes
Franck Poirier, VALORIA, Vannes
Dominique Scapin, INRIA, Paris

Jean-Claude Tarby, Université de Lille
Franck Tarpin-Bernard, INSA, Lyon


Compte rendu


Nous remercions tout d'abord Mireille qui nous a incités à proposer cet atelier. Nous remercions aussi les organisateurs d'IDM'08 qui ont accepté l'atelier. Nous remercions enfin tous les participants qui par leurs connaissances et enthousiasme ont fait de l'atelier un moment constructif et convivial. Merci à eux !

Participants

Nom Prénom Affiliation Email
Abed Mourad LAMIH, Université de Valenciennes Mourad.Abed@univ-valenciennes.fr
Blay-Fornarino Mireille I3S, Université de Nice blay@polytech.unice.fr
Caffiau Sybille LISI-ENSMA, Poitiers sybille.caffiau@ensma.fr
Calvary Gaëlle LIG, Université de Grenoble Gaelle.Calvary@imag.fr
Dery Anne-Marie I3S, Université de Nice pinna@essi.fr
Fondement Frédéric ENSISA, Université de Haute Alsace frederic.fondement@uha.fr
Gabillon Yoann LIG, Université de Grenoble Yoann.Gabillon@imag.fr
Hassenforder Michel ENSISA, Université de Haute Alsace michel.hassenforder@uha.fr
Joffroy Cédric I3S, Université de Nice joffroy@polytech.unice.fr
Lepreux Sophie LAMIH, Université de Valenciennes Sophie.Lepreux@univ-valenciennes.fr
Sottet Jean-Sébastien LIG, Université de Grenoble jean-sebastien.sottet@imag.fr
Winckler Marco IRIT, Université Paul Sabatier winckler@irit.fr

Déroulement
L'atelier a commencé par une présentation de quelques transparents visant à poser le problème et fixer les objectifs de l'atelier. Un tour de table s'en est suivi lançant une discussion vive sur les propriétés ergonomiques : leur formalisation et mesure. Un compte-rendu synthétique de l'atelier a été fait en session plénière. En voici les transparents. Ils sont également disponibles en podcast comme toutes les autres sessions de la conférence (<https://www.e-diffusion.uha.fr/podcastserver/idm08/>https://www.e-diffusion.uha.fr/podcastserver/idm08/).

De façon plus détaillée, voici un compte rendu établi d'après les notes de Mireille. Un grand merci à elle ! N'hésitez pas à nous contacter Anne-Marie ou moi-même pour tout complément ou modification.

Dans les transparents, nous rappelons que les approches à base de modèles sont appliquées depuis toujours en IHM. Elles portent en général sur la modélisation de l'Interface Homme-Machine (IHM). Quatre points de vue sont classiques : tâches utilisateur et concepts du domaine; structure de l'IHM en espaces de travail ; choix de présentation en interacteurs (communément appelés widgets) ; mise en oeuvre dans un environnement de programmation et d'exécution. Dans une approche descendante, le concepteur part d'un modèle de tâches pour dériver pas à pas l'interface dite finale c'es-à-dire exécutable. La dérivation est une succession de transformations (de modèles) fondées sur un ensemble de compromis entre des propriétés fonctionnelles et non fonctionnelles. En particulier, les propriétés ergonomiques et le contexte d'usage sont déterminants. Jusqu'ici, le barycentre a été porté sur les modèles. Les transformations ont rarement été explicitées. Pourtant, avec la variabilité promise par l'informatique ambiante (objectifs utilisateur émergents, contexte d'usage variable et impérvisible), il faut désormais modéliser et capitaliser les transformations. La grande difficulté vient des propriétés ergonomiques pour lesquelles les métriques et fonctions d'évaluation restent rares. Si on complexifie le problème en intégrant l'inter-utilisabilité (typiquement la continuité de l'interaction lorsque par exemple l'utilisateur migre l'IHM d'un PC à un PDA) ou encore la user experience (l'exemple du porte savon en déclin est donné - Merci à Philippe Palanque :-)), alors nous avons encore de longs et beaux jours devant nous :-)

Nous rappelons que l'IHM offre un cadre d'étude privilégié pour l'IDM :
- il existe un lourd savoir-faire en modèles et transformations
- la variabilité est "sensationnelle" (dixit Mireille :-))
- dans le cas d'IHM graphiques, les modèles sont visuels. C'est une valeur ajoutée forte pour les publications et l'enseignement.

Les points débattus sont de trois ordres :

(I) l'IDM pour l'IDM

  • Faut-il adapter les modèles existants ou en développer de nouveaux ? Il est regrettable que bien souvent les modèles ne soient détournés de leur objectif premier. Typiquement, en IHM, on constate une dérive classique qui consiste à utiliser le modèle de tâches (initialement des ergonomes) pour modéliser le dialogue homme-machine. Ce même modèle de tâches est, par ailleurs, enrichi au fil du temps par une multitude de décorations (c'est leur nom) pour intégrer des préoccupations particulières (par exemple, le contexte dans lequel la tâche fait sens). N'est-il pas temps de reposer proprement le problème, d'identifier les préoccupations et de décider si un même modèle (la tâche par exemple) est le lieu d'autant de spécifications ? Cette question est urgente dans la mesure où les modèles ne sont plus seulement conceptuels mais deviennent exécutables pour armer le système face à la variabilité des spécifications.
  • Comment cultiver des DSL ? Les passerelles entre langages sont un point crucial.Quid de la normalisation ?
  • Comment gérer et exploiter des zoos de modèles : fusion, collaboration, interopérabilité ? Les problèmes viennent de l’intégration. Il manque des modèles d’expression de l’intégration. Ce sont les modèles qui interagissent ou bien sont-ils fusionnés ? La combinaison de modèles semble vraiment la solution.
  • Comment modéliser les transformations, les capitaliser, les sélectionner, les combiner ? La grande difficulté vient des propriétés ergonomiques. Quid de la user experience ? Bien souvent, les transformations ne marchent pas parce que l'on ne sait pas ce que l'on veut et parce qu'elles sont toujours imaginées comme automatiques. Les transformations peuvent elles-mêmes avoir leur IHM pour mettre l'utilisateur dans la boucle. Comment les représenter ?
  • Comment évaluer ? Le contexte est toujours manquant. Typiquement, une personne s'interrompt dans sa tâche pour répondre au téléphone. Sauf instrumentation de l'environnement ou espace interactif complet (intégrant le téléphone), l'information échappera au système.
  • Quelle est la place des modèles IHM dans les processus ? On assiste à un glissement de l'amont (analyse) au code. Typiquement, les modèles de conception peuvent aider l'utilisateur dans la compréhension de l'IHM (par exemple, montrer la tâche qui correspond à un espace de travail ou un interacteur). En IDM, au-delà de la différence entre syntaxe abstraite et syntaxe concrète, pensons à l'IHM des modèles pour aller vers des IHM auto-explicatives.
  • Comment suivre les avancées de l'IDM ? L'Action IDM pourrait-elle faire un digest des avancées ou préoccupations naissantes à destination d'autres communautés.

(II) l'IHM pour l'IDM

  • Les compétences IHM sont utiles pour des modèles exécutables
  • Les compétences IHM sont utiles pour des transformations observables (l'utilisateur a un retour d'information sur ce qui se transforme et comment) et/ou non automatiques (l'utilisateur négocie la transformation par un choix, un paramétrage, etc.).

(III) l'IDM transverse

Nous nous demandions comment l'IHM se situe par rapport à d'autres communautés vis-à-vis de l'IDM. Posons-nous à l'IDM des questions ou problèmes spécifiques que d'autres communautés typiquement ne posent pas ? La réponse a été immédiate : la variabilité et les modèles vivants à l'exécution font de l'IHM un cadre d'étude privilégié.

 

Prochain événement


Nous programmons d'organiser un atelier IHM-IDM à IHM'08 (Metz, 1er et/ou 2 septembre 2008) sur le thème "Modèles vivants à l'exécution ; transformations dynamiques ; IHM des transformations". L'atelier est en cours de définition. Un appel à participation sera prochainement diffusé sur les listes AFIHM, CESAME et Action IDM. Nous comptons sur vous ! Merci à tous.

 

Date de dernière modification: 12 Juin 2008 par Gaëlle Calvary et Anne-Marie Dery